La prime de fidélisation territoriale en Seine-Saint-Denis représente jusqu’à 12 000 euros bruts pour les agents publics qui exercent cinq années continues dans le département. Derrière ce montant, le mécanisme de versement fractionné, les conditions de continuité de service et le traitement fiscal méritent une lecture attentive. Cet article décompose les données issues des textes réglementaires pour identifier les points qui déterminent réellement le montant perçu.
Montant et fractionnement de la prime de fidélisation 93 : le calendrier réel
Le décret n°2023-1016 du 2 novembre 2023 a modifié le dispositif initial (décret n°2020-1299 du 24 octobre 2020) en portant le montant total de 10 000 à 12 000 euros bruts. Le changement majeur concerne le mode de versement : la prime n’est plus versée en une seule fois au terme des cinq ans, mais fractionnée selon un calendrier précis.
| Date d’entrée en Seine-Saint-Denis | Fraction versée en novembre 2024 | Fraction restante (novembre 2025) |
|---|---|---|
| Entre le 2 sept. 2018 et le 1er sept. 2019 | 20 % (2 400 euros bruts) | 40 % (4 800 euros bruts) |
| 1er septembre 2021 | 40 % (4 800 euros bruts) | Selon situation individuelle |
| 1er septembre 2024 (nouveaux entrants) | 20 % (2 400 euros bruts) | Versements ultérieurs échelonnés |
| Avant le 1er sept. 2018 (agents déjà en poste) | 60 % déjà perçus en mai 2024 (7 200 euros bruts) | 40 % (4 800 euros bruts) en novembre 2025 |
Ce tableau repose sur les données publiées par le SNUipp-FSU 93 et la DSDEN 93. L’écart entre les fractions s’explique par l’ancienneté dans le département au moment de l’entrée en vigueur du nouveau décret.
Les agents qui ont perçu la première fraction de 7 200 euros bruts en mai 2024 recevront le solde de 4 800 euros bruts sur la paie de novembre 2025. Un point souvent négligé : cette dernière fraction n’est pas défiscalisée, ce qui modifie le net perçu de manière significative.
Éligibilité et continuité de service : les critères qui font la différence
L’éligibilité ne se résume pas à travailler dans le 93. Le dispositif cible les agents publics de l’État affectés dans le département, en priorité ceux au contact direct de la population. Enseignants titulaires, professeurs stagiaires, AESH et contractuels de l’Éducation nationale figurent parmi les bénéficiaires identifiés par les textes.
Les conditions qui distinguent un dossier éligible d’un dossier refusé sont les suivantes :
- Cinq années d’exercice effectif et continu dans un emploi ou service éligible en Seine-Saint-Denis, sans interruption significative (un congé maladie ordinaire ne rompt pas la continuité, mais un détachement hors département peut poser problème)
- Statut de titulaire, contractuel ou AESH recruté dans le périmètre défini par le décret – les agents de droit public d’autres structures comme France Travail ne sont pas couverts, malgré leur activité dans le département
- Absence de mutation volontaire hors du département avant le terme des cinq ans, ce qui entraîne la perte du droit à la prime ou le remboursement des fractions déjà perçues selon les cas
Ce dernier point est déterminant. La prime de fidélisation en Seine-Saint-Denis vise explicitement à retenir les agents sur le territoire. Quitter le département avant l’échéance remet en cause l’ensemble du dispositif.

Impact fiscal de la prime : un net inférieur au brut annoncé
L’un des écarts les plus mal anticipés par les bénéficiaires concerne la fiscalité. La prime de fidélisation territoriale est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Elle n’entre dans aucun régime d’exonération.
Le SNUipp-FSU 93 recommande aux agents concernés de revoir leur taux de prélèvement à la source pour l’année suivant le versement. Un versement de 4 800 euros bruts sur un seul mois peut faire basculer temporairement le taux marginal d’imposition, avec un impact sur la paie des mois suivants si le taux n’est pas ajusté.
Pour un agent percevant la dernière fraction en novembre 2025, l’ajustement du prélèvement à la source doit être anticipé avant janvier 2026. Sans cette démarche, le taux calculé sur les revenus 2025 (incluant la prime) s’appliquera sur des mois où la rémunération revient à son niveau habituel.
Vérification du bulletin de paie
En cas d’absence de versement à la date prévue, la recherche Perplexity souligne que les agents doivent contacter leur service gestionnaire avec les justificatifs de leur parcours. Le droit à la prime et le calendrier de paiement sont deux choses distinctes : un retard administratif ne signifie pas un refus.
Recours en cas de refus ou de non-versement de la prime 93
Le périmètre des bénéficiaires défini par les textes exclut certaines catégories d’agents pourtant en poste dans le département. Une question parlementaire a mis en lumière le cas des agents de droit public de France Travail exerçant en Seine-Saint-Denis, écartés du dispositif.
Si un agent considère remplir les conditions et se voit opposer un refus, plusieurs éléments de preuve comptent :
- Les arrêtés d’affectation successifs attestant de la continuité géographique dans le département
- Les bulletins de paie confirmant l’exercice effectif sur la période requise
- Toute correspondance avec le service gestionnaire documentant la demande et le motif de refus
La circulaire n°2024-054 du 02/05/2024 précise les modalités techniques de mise en œuvre. Conserver l’ensemble des documents administratifs liés à l’affectation reste la meilleure protection en cas de contestation.
Le dispositif court jusqu’en 2030 pour les nouveaux entrants. Les agents affectés en Seine-Saint-Denis après le 1er septembre 2024 bénéficient du régime fractionné à 12 000 euros bruts, avec un premier versement intervenant dès la première année et un solde conditionné à la présence effective sur cinq ans. La date limite du dispositif fixée à 2030 signifie que tout agent entrant après cette échéance ne sera plus couvert par le décret actuel, sauf prolongation réglementaire.



